Avec Séquences Mortelles, Michael Connelly marque le grand retour du journaliste Jack McEvoy, héros de Le Poète et L’Épouvantail. Cette fois, l’enquête plonge au cœur des dérives technologiques, des tests ADN grand public et des dangers invisibles du numérique.
Un thriller contemporain, tendu et profondément ancré dans les enjeux de notre époque.
Résumé
Jack McEvoy n’est pas un journaliste comme les autres. Habitué à traquer les tueurs et à affronter les vérités dérangeantes, il travaille désormais pour Fair Warning, un site indépendant spécialisé dans la protection des consommateurs.
Lorsqu’une femme avec qui il a passé une nuit est retrouvée assassinée dans des circonstances particulièrement violentes, Jack comprend rapidement qu’il ne s’agit pas d’un crime isolé. Malgré les avertissements de la police et de son rédacteur en chef, il décide d’enquêter.
Ses recherches révèlent un lien troublant entre plusieurs meurtres commis à travers le pays. Les victimes ont toutes un point commun : elles ont partagé des données génétiques via des tests ADN commerciaux.
Peu à peu, Jack découvre l’existence d’un prédateur méthodique, opérant depuis des années sans attirer l’attention des autorités. Un tueur qui exploite les traces numériques laissées par ses victimes pour les sélectionner et les traquer.
Mais l’enquête prend un tournant brutal lorsque Jack devient lui-même suspect. Pour prouver son innocence et révéler la vérité, il devra naviguer entre pressions policières, dilemmes moraux et dangers très réels.

Ma critique du livre « Séquences Mortelles »
Michael Connelly démontre une nouvelle fois sa maîtrise du thriller moderne. L’idée centrale du roman – un tueur exploitant les données ADN et les failles du numérique – est à la fois brillante et terriblement crédible. Ce qui pourrait relever de la science-fiction appartient en réalité déjà à notre présent.
Le début prend le temps d’installer les enjeux et le contexte technologique. Certains lecteurs pourront le trouver plus lent, mais cette construction renforce l’impact du récit. Une fois la mécanique lancée, la tension ne retombe plus.
L’un des grands intérêts du roman réside dans ses conflits multiples :
- Le combat contre un tueur insaisissable
- Le dilemme moral entre scoop journalistique et justice
- Les tensions entre Jack, la police et Rachel Walling
Le retour de Rachel Walling apporte une dimension émotionnelle bienvenue, tout en créant de nouvelles frictions. Chacun poursuit le même objectif — arrêter le tueur — mais pas pour les mêmes raisons.
Au-delà du suspense, le roman pose de vraies questions éthiques sur l’usage des données personnelles, les tests ADN grand public et les zones grises du dark web. Connelly réussit à mêler enquête haletante et réflexion sociétale sans jamais perdre en efficacité narrative.
La fin est particulièrement satisfaisante, maîtrisée et cohérente avec l’évolution du personnage.
Conclusion
Avec Séquences Mortelles, Michael Connelly signe un thriller intelligent, ancré dans les peurs contemporaines et porté par un Jack McEvoy toujours aussi obstiné.
Moins centré sur Harry Bosch ou Renée Ballard, ce roman rappelle que l’univers Connelly dépasse largement le cadre du LAPD. Et confirme que Jack McEvoy reste l’un de ses personnages les plus personnels.